La maternité, une aventure extraordinaire...


J'ai consacré de nombreuses années à tenter de mieux comprendre le passage de la naissance. J'ai préparé et accompagné de nombreux couples pour la naissance de leur enfant.
Peu à peu, j'ai élargi ma réflexion au vécu des femmes au cours de leurs différents passages: puberté, âge adulte, maternité, ménopause. Il est très intéressant pour les femmes de mieux comprendre ces passages de vie transformateurs et la puissance des hormones qui interagissent au cours des cycles.

Il y a eu la naissance du Centre Pleine Lune il y a déjà plus de 5 ans puis l'émergence tranquille de Ô Féminin, espace de rencontre avec la force du Féminin.

Isabelle Challut






samedi 30 octobre 2010

Ô Féminin

J'ai envie de souligner et de fêter le Féminin cette semaine. Plus j'avance et plus je réalise que lorsque j'ai choisi le titre de mon livre il y a déjà quatre ans, il était totalement approprié et j'ai tenu à le garder malgré certaines réticences de mon entourage : «la maternité appartient aux femmes, les gens ne vont pas comprendre ton titre...». Finalement, je réalise l'importance de relier ces deux mots, Féminin et Maternité, dans une société dominée par des valeurs masculines jusque dans les salles d'accouchement.

Aujourd'hui, j'ai envie de prendre le temps de parler aux femmes, de leur beauté, leur puissance, leur fragilité, leur immense rôle dans notre société: porter les enfants, les accueillir consciemment, les nourrir physiquement, émotionnellement et spirituellement; les aimer inconditionnellement, les écouter, les guider vers leur pleine expression puis les laisser aller; je veux magnifier ces qualités que sont l'intuition, le senti, la vulnérabilité.

 Je veux faire la paix et retrouver l'importance des hormones féminines à tous les stades de notre vie: puberté, maternité, ménopause. Que l'on arrête de banaliser et de bloquer avec des médicaments ces hormones: les femmes sont médicamentées pour «maîtriser» leurs hormones tout au long de leur vie!

En accouchant, elles peuvent retrouver cette connexion profonde avec leur instinct, leur intuition, leur sagesse qui les guident vers des choix justes. On utilise  encore la  peur pour contrôler les femmes dans les salles de naissance...le doute s'installe alors; la perte de confiance s'insinue puis la souffrance prend toute la place. Comme dans la vie.

Aujourd'hui, j'ai envie d'envoyer un message d'espoir, un hymne à la joie d'être née Femme et à l'importance de prendre soin du Féminin en chacun de nous, Homme ou Femme: cette partie amoureuse, joyeuse, intuitive et forte qui siège en dedans de chaque être humain. Cette cellule, dont parle Eve Ensler, qui a été et est encore sacrifiée mais que nous pouvons protéger maintenant.


Lien vers une conférence de Eve Ensler (auteure des monologues du vagin) : http://www.lunasol.ca/lefacteur/link.php?M=3403&N=340&L=41



samedi 23 octobre 2010

Enfanter le Monde

Enfanter le monde: quel beau programme. On aurait pu dire aussi : Ré-enfanter le monde, se donner une deuxième chance...
Ce congrès qui aura lieu à Québec les 25 et 26 novembre offre «deux journées d'échanges dans le but de renforcer notre confiance dans la capacité de porter des enfants, de les mettre au monde, de les nourrir, physiquement, psychiquement et spirituellement».
Il est organisé par L'ASPQ (Association pour la Santé Publique du Québec) et différents partenaires et s'adresse à tous les intervenants de tous les réseaux de périnatalité.
La naissance et la période périnatale sont des moments cruciaux dans nos vies et l'impact de cette période dans le développement de chacun et des familles est majeur. Beaucoup de changements ont eu lieu ces 30 dernières années mais la situation de l'obstétrique est préoccupante à certains égards: les taux de certaines interventions sont en hausse: par exemple, le taux d'épidurale est de 68% au Québec. L'OMS  (Organisation Mondiale de la Santé) nous rappelle que les épidurales devraient être réservées pour les accouchements difficiles, longs et ne devraient pas être une routine car elles ont des effets secondaires non négligeables (par exemple: elles entrainent plus de césariennes, plus d'utilisation de ventouses et une diminution de la durée d'allaitement) . Le taux de césarienne est actuellement de 22% au Québec: le taux recommandé par l'OMS est inférieur à 15%. Selon l'OMS, au delà de ce pourcentage, des césariennes non nécessaires sont certainement pratiquées puisque la césarienne est une intervention d'urgence.  Là aussi, les risques sur la santé des femmes et des bébés sont augmentés par rapport à un accouchement naturel. 
Toutes ces questions sont soulevées et des pistes recherchées dans la nouvelle politique en périnatalité du Québec émise par le ministère en 2008.
Ce congrès est un cadeau pour la population et les professionnels, pour discuter, réfléchir, transformer nos pratiques et nos croyances.
Je serais présente pour une communication orale qui me réjouit beaucoup: «Comment favoriser la physiologie dans les salles de naissance. Pour les infirmières et les médecins». Je vais expliquer  les processus physiologiques d'un accouchement,  les facteurs environnementaux qui favorisent le déroulement de l'accouchement et ceux qui lui nuisent. Nous verrons ce qu'on peut facilement faire dans une salle de naissance: les positions pour la douleur, pour les poussées,  l'attitude des gens présents, la préservation de l'intimité, la diminution du stress...comment transformer l'ambiance d'une salle de naissance et l'impact que ces petits changements auront sur les naissances. C'est un sujet qui me tient très à coeur car nous avons vu les résultats dans notre pratique au Centre Pleine Lune. 
98% des femmes accouchent en milieu hospitalier et il est temps que les pratiques se transforment. Il y a une méconnaissance actuelle des processus de base à mettre en place pour diminuer certaines interventions.




Sites de référence: 
- programme du congrès et inscriptions: [www.enfanterlemonde.com]
- la politique en périnatalité 2008-2018 - Un  projet porteur de vie : [www.msss.gouv.qc.ca]

samedi 16 octobre 2010

La Maternité au Féminin

Pourquoi ce titre? C'est une question que l'on me pose très souvent. J'ai choisi ce titre parce que la maternité est devenue une spécialité médicale: l'obstétrique.
Parce que les examens et les protocoles y ont plus de place que le senti des femmes. Parce que les besoins réels des femmes qui accouchent ne sont pas toujours compris. Parce que je voulais exprimer cette évidence: la maternité appartient aux femmes.
Mais il est temps de se questionner sur ce qu'on a développé en obstétrique par souci de sécurité. On a créé un environnement peu propice à l'accouchement naturel, sans intimité et malheureusement avec beaucoup de stress.  Au contraire, chaque accouchement devrait être vécu selon les besoins de la femme et non selon les critères de l'équipe ou les protocoles trop rigides.

«Ce livre est l’histoire d'une femme, d'une mère. Mon histoire tout simplement. Pour célébrer la féminité et la maternité. Ceci est une piste pour trouver le chemin propre à chacune, chemin de l'équilibre et de la sagesse, de l'humilité et de l'amour. Pour retrouver la joie d’accueillir nos enfants, dans l’intensité et la puissance de la naissance, retrouver la joie de vivre, et choisir tout au long de notre vie ce qu’il y a de mieux pour eux, pour nous.

Je vais vous faire part d’une vision de la grossesse et de l’accouchement, basée sur la simplicité, la nature, la relation entre les parents et l’enfant qui arrive. Ce n’est pas une méthode, mais la proposition d’une voie d’autonomie, pour que les femmes puissent, dans leur existence, vivre ce passage qu’est la naissance d’un enfant comme une expérience riche et transformatrice, pour que les hommes puissent le vivre dans la présence et l’amour.

Une alimentation saine, certaines plantes alliées, l'écoute du corps, la communication entre conjoints et avec le bébé sont des facteurs favorisant un accouchement physiologique. Il est devenu complexe et dangereux d’accoucher dans les dernières décennies. Je vous propose de retrouver la nature réelle de l’accouchement et le caractère sacré de ce passage.

Je partage dans ce livre mes expériences d’infirmière, certaines rencontres déterminantes, des réflexions autour du sens de la douleur et de la maladie. J’ose croire en la rencontre des médecines, sans jugement mais dans le respect de l’être humain. De la naissance à la mort, à travers les épreuves que nous traversons, nous avons des choix à faire, en toute conscience en toute confiance.»

Je crois que les femmes et leur conjoint ont besoin actuellement de se préparer à la naissance en milieu hospitalier car ils ne savent pas à quoi s'attendre , connaissent mal leurs droits et les protocoles médicaux en vigueur
Les femmes, pour se réapproprier leur maternité, ont besoin d'être accompagnées pour mettre en place un environnement propice à leur accouchement.

Nous avons décidé d'offrir, à Pleine Lune , des journées de formation pour les infirmières et les médecins des salles d'accouchement pour qu'ils comprennent qu'on peut facilement s'adapter aux besoins d'une femme qui accouche et que les résultats sont percutants: diminution des interventions, de l'utilisation des narcotiques et des taux de césariennes; sentiment de réussuite des femmes, meilleur taux d'allaitement etc.


lundi 11 octobre 2010

Post partum

Après la soirée du 6 octobre au théâtre du Marais à Val Morin, qui a mobilisé mon énergie et mon temps pendant quelques semaines, je me retrouve un peu comme après un accouchement: heureuse et triste. Cette période post-accouchement, pendant laquelle les hormones nous jouent des tours, je la revis depuis quelques années lorsque j'accompagne des couples pour la naissance de leur enfant. Cette rencontre qu'ils me proposent dans l'intimité de leur accouchement me permet de revivre ce passage à chaque fois. Je vis la naissance à travers le corps d'une autre femme; je sens le travail, je perçois ce qui se passe, je vibre au diapason de cette mère, à l'écoute de ses besoins.
Cet enfant qui naît, que j'ai accompagné avec mon coeur, unie aux parents, me marque à jamais. C'est ainsi que je vis moi aussi cette période de post-partum, période de repos nécessaire, d'intégration de cette expérience et des émotions partagées.
Nathalie et moi avons porté la soirée du 6 pendant de longs mois; nous avons désiré ardemment cette rencontre entre le milieu médical de notre région et des parents, sages femmes et accompagnantes. Nous avons réussi, comme un accouchement vécu sereinement:  sans épidurale, car la douleur n'était pas au rendez-vous et sans arme, car la confrontation n'était pas au rendez-vous non plus dans la salle. Quelle joie! Le bonheur d'être réunis, de partager cette soirée semblait avoir effacé les mauvais souvenirs et les tensions.
Certaines femmes présentes avaient eu des accouchements traumatisants, d'autres avaient dû se battre ou n'avaient pas été entendues.
Mais ce soir là, les invités sur le panel ont partagé avec leur coeur, nous ont touchés, tout comme le film. Ainsi, l'espoir, le dialogue et la rencontre ont été les plus forts.
C'est une magnifique victoire.
Pour confirmer cette énergie de rencontre, Marie Provost, de la Clef des Champs, est venue pour partager sa propre victoire: la reconnaissance par Santé Canada de la majorité de ses produits d'herboristerie. 20 ans de travail, de perséverance, malgré les épreuves et les doutes.
Que ce soit pour les plantes ou pour les accouchements, nous sommes parvenus à nous écouter, à nous  reconnaître et à recréer un espace d'ouverture.
J'ai beaucoup d'espoir pour l'avenir.



 le panel de discussion, Nathalie, Isabelle et Marie Provost



statuette offerte par nos accompagnantes pour fêter nos 5 ans au Mouton Noir




mardi 28 septembre 2010

Croyances, rituels et normalité.



Les croyances autour de la naissance sont très nombreuses, différentes selon les cultures et sont à la base des rituels que chaque société installe autour de cet évènement. Avant les années 50, en Amérique du nord, il était normal d’accoucher à la maison avec une sage femme.

Par la suite, il est devenu normal d’accoucher à l’hôpital, endormie, installée sur le dos et d’avoir une épisiotomie. En 2010, au Québec, il est normal d’avoir une épidurale, de ne rien sentir pendant l’accouchement. Dans d’autres pays comme le Brésil, il est normal de choisir de donner naissance par césarienne. Ici, au Canada, on croit encore que la césarienne doit être réservée pour les urgences médicales.

Avec la médicalisation des accouchements, on croit souvent que les protocoles et façons de faire depuis plusieurs années ou décennies sont  ce qu’il y a de mieux  pour la santé des mères et des bébés. Le milieu médical affirme ses choix, parle de sécurité et d’études scientifiques. Le milieu dit alternatif  ou pro-naissance- naturelle tente de défendre les siens. Où se situe la justesse ? Qui a raison?

En fait, on constate que les croyances évoluent au fil du temps. Elles se transforment, modelées par les expériences et les analyses: il est normal dans les années 1960-70  d’accoucher sur le dos, les bras attachés, les pieds dans les étriers, les jambes ouvertes face à un médecin qui sait quoi faire.
Il est alors normal de donner un biberon au bébé : dans cette période de développement du féminisme, allaiter est vu bien souvent comme un asservissement, déformant les seins de surcroit ; les fabricants de lait affirment que le lait en poudre est aussi bon pour l’enfant que le lait maternel. Pourquoi s’en priver ? Au Québec, 11% des femmes allaitent en 1960 contre 85% en 2009 qui initient l’allaitement dès la naissance de l’enfant.

Toujours dans les années 60-70, on croit que l’on peut dominer la nature, transformer les naissances et ne plus subir l’accouchement et l’allaitement. Les femmes ont enfin  la possibilité d’envisager un accouchement sans souffrir ! Elles  pensent que le bonheur viendra non seulement avec  l’anesthésie, mais aussi avec le lait en bouteille qui permet aux mères de dormir et de laisser quelqu’un d’autre s’occuper de leur bébé tout en gardant leurs seins intacts…du moins l’espèrent-elles.

On a expérimenté, on a récolté des données et on s’est aperçu que certaines interventions avaient des conséquences non négligeables sur la santé des femmes et des bébés et sur le lien d’attachement.

On croyait que l’on pouvait éduquer un bébé, l’amener à dormir sans qu’il ait besoin de sa mère ou son père, le rendre autonome dès les premières semaines. On a appris à le  laisser pleurer 5 minutes, puis 10 minutes, puis 15 minutes, jusqu’à ce qu’il s’endorme. Est-il devenu autonome ou a t-il enregistré que ses parents ne viendraient pas et qu’il devait s’arranger seul ?

On croyait qu’un bébé avait simplement besoin d’être nourri et que n’importe qui pouvait le faire. On a alors séparé les bébés des mères dès la naissance, on les amenés dans une pouponnière avec des dizaines d’autres bébés et on les a nourris à heures fixes. On a dit que c’était bon pour leurs poumons de pleurer.

Des femmes n’étaient pas convaincues et ont voulu respecter leurs propres croyances : accoucher chez elles, à leur rythme, en choisissant leurs positions, puis en allaitant leur bébé, en dormant avec lui, en répondant à ses besoins. On les a parfois menacées ou jugées dangereuses, car elles mettaient, selon les croyances du milieu médical, leur bébé en danger, par exemple en dormant avec lui.

Beaucoup d’études ont été réalisées depuis cinquante ans et les croyances changent.

Il est maintenant presque normal d’accoucher selon ses valeurs, de choisir la position la plus confortable, de favoriser les sécrétions hormonales qui permettent l’accouchement, l’allaitement et l’attachement : on en parle de plus en plus.

Il est maintenant normal de garder le bébé en « peau à peau » le plus longtemps possible après la naissance, de l’allaiter à la demande, de répondre à ses besoins, de le toucher, de le rassurer, de l’aimer ouvertement avec tous ses sens. Il est normal que le couple cohabite à l’Hôpital avec le bébé, qu’ils dorment côte à côte, qu’ils portent le bébé, qu’ils ne le laissent pas pleurer pour rien.

Les professionnels restent malgré tout les experts : dès que l’accouchement ou l’allaitement ne se déroulent pas dans le temps ou selon la séquence connue et dite normale, la mère doit s’adapter en laissant les professionnels agir et choisir leurs interventions au nom de la sécurité.

Les femmes se sont fait dire depuis très longtemps, par des experts, comment être enceintes, comment accoucher, comment élever leurs enfants, comment les nourrir, etc.

Selon le milieu obstétrical, la normalité d’un accouchement ne se confirme qu’à postériori. On considère l’accouchement potentiellement dangereux tant que le bébé n’est pas né.

Inconsciemment, les femmes ont commencé à accepter un système de croyances qui les fait souvent douter de leurs capacités biologiques à donner naissance, à allaiter et à faire les bons choix pour leurs enfants. Elles ont perdu cette conviction qu’elles restent les seules véritables expertes de leurs enfants et peuvent se faire confiance.

Pourtant, intuitivement, elles savent comment faire. En tant qu’être humain et au-delà des croyances et des valeurs, nous avons intérêt à  développer cette écoute individuelle qui permet d’accompagner chaque femme vers son devenir-mère, chaque homme vers son devenir-père et chaque bébé vers sa vie extra utérine.

jeudi 23 septembre 2010

Les évènements qui m'inspirent en ce soir de pleine lune.

Je vous ai parlé le 14 septembre de l'évènement que nous organisons, à Pleine Lune, le 6 octobre au théâtre du Marais : la projection du film «The Business Of Being Born» qui sera suivie d'une discussion sur le thème «La naissance dans notre société» avec un panel de professionnels et de parents.
Nous pensons à cette soirée depuis très longtemps et elle s'annonce très riche. Enfin, nous pouvons réunir dans une même salle de notre région, des spécialistes de la naissance de milieux différents: médecins, sages femmes, accompagnantes, parents et infirmières. Et ils sont tous heureux d'être là. Quoi demander de plus! L'objectif est que chacun puisse partager ses expériences, ses choix, ses études, ses convictions et que tout le monde puisse s'écouter et apprenne à se connaître.
J'ai très hâte à cette soirée. Elle arrive à point dans le développement de Pleine Lune et de nos 5 premières années. Il est très important que l'on comprenne mieux la réalité d'un accouchement et l'influence de l'environnement immédiat sur la femme en travail.

Il y a un autre évènement très important dans le monde de la périnatalité, les 25 et 26 novembre à Québec : le congrès «Enfanter le monde»  http://www.enfanterlemonde.com/a_propos_enfanter_le_monde.aspx
Des conférenciers d'envergure internationale seront présents et de nombreux ateliers et présentations permettront d'actualiser nos connaissances et aussi de réfléchir sur les besoins des femmes et des familles dans la période périnatale en 2010. Trois grands thèmes seront développés: l'accouchement physiologique, l'allaitement et le devenir parents.

Ceux qui me connaissent savent que mon thème à moi est l'accouchement physiologique.  Comment le faciliter en milieu hospitalier:98% des femmes accouchent à l'hôpital; 2% ont accès à une sage femme pour accoucher en maison de naissance ou à domicile.

Les infirmières et médecins sont formés pour surveiller, intervenir au besoin et surtout anticiper d'éventuels problèmes. Ils sont  souvent inconfortables avec l'accouchement physiologique et tout ce qui vient avec:  les positions pour la douleur qui changent fréquemment, les sons plus ou moins supportables qui sont émis, le bain qu'elles ne veulent plus quitter, les émotions qui surviennent, les postures impossibles pour accoucher, la durée de cet accouchement qui est incontrôlable, etc.

Dans la politique en périnatalité émise par le gouvernemnt du Québec en 2008, on peut lire ceci:
« Donner naissance est une expérience naturelle, un processus normal. Toutefois, dans une société animée par la volonté de contrôler tout risque potentiel, il faut rappeler cette nécessité de protéger le processus physiologique naturel de la naissance. Cela exige que l’on mette en place des environnements propices et que l’on conjugue les efforts autour de cette conviction. Cela implique aussi que l’on respecte la personnalité de chaque femme, ses particularités, son rythme, son intimité.» (Politique de périnatalité 2008-2018, un projet porteur de vie. Gouvernement du Québec, 2008 p.9)

On y constate aussi l'évolution des interventions en obstétrique (césarienne, épidurale, induction) avec un descriptif des effets secondaires possibles. «Nous devons sans cesse poser un regard critique sur l'utilisation des différentes interventions obstétricales, ainsi que des études précisant dans quels cas elles sont indiquées et quelles sont leurs conséquences possibles, particulièrement à long terme, sont nécessaires. Ces mesures doivent permettre la formulation et la diffusion de recommandations, par les instances professionnelles visées en vue de proposer des pratiques cliniques appropriées»(Politique de périnatalité 2008-2018, un projet porteur de vie. Gouvernement du Québec, 2008 p.51).

Cette politique ouvre la porte à une grande réflexion de nos choix en matière d'accouchement et de leurs impacts sur la santé des femmes et des enfants.

Je suis invitée au congrès  pour une présentation auprès d'infirmìères et de médecins: «Comment favoriser la physiologie des accouchements dans les salles de naissance.» Je vais partager mon expérience d'infirmière et d'accompagnante pour transmettre que de petits changements dans les salles de naissance peuvent transformer radicalement l'expérience des femmes.

Donc c'est un automne très stimulant qui débute, très inspirant et très prometteur pour les femmes qui enfantent.

vendredi 17 septembre 2010

La transmission de l'expérience des mères.

Lorsque je demande à un groupe de futurs parents comment ils se sentent par rapport à l'accouchement qui arrive, la réponse la plus courante des femmes est: «J'ai peur de la douleur, j'ai peur de ne pas être capable, ne pas être à la hauteur».

 Les histoires d'accouchement qui circulent le plus sont des histoires souvent dramatiques.

Pourquoi les femmes qui ont un vécu d'accouchement facile, sans intervention en parlent-elles moins?

Parce-que c'est presque indécent de dire qu'elles ont aimé accoucher, qu'elles ont eu du plaisir à le vivre, qu'elles ont transcendé cette fameuse douleur ou que l'expérience vécue  avec leur conjoint et leur bébé fut  simplement ex.tra.or.di.nai.re! Là on va les regarder soit comme des extra-terrestres, soit comme des presque-folles-illuminées!

Comment expliquer et  justifier l'absence d'intervention lorsque la norme est la douleur et l'épidurale la seule solution?  Malheureusement, les effets secondaires de cette dernière sont souvent méconnus des parents  (diminution des contractions, souffrance foetale, fièvre etc.) tout comme le cortège d'interventions qui  peut en découler.

Nous sommes aussi dans une société de performance ou la notion de réussir son accouchement est souvent présente. Au fond, qu'est-ce-que signifie «réussir son accouchement?»

Plus les femmes qui ont eu une expérience positive vont en parler,  plus les croyances et attentes irréalistes disparaitront. On reviendra à un échange de femmes sur une réalité concrète qui leur appartient; cette confiance retrouvée permettra d'éliminer la peur qui mine les accouchements.

 Actuellement, peu de mères transmettent leur vécu  à leur fille en âge d'accoucher, car elles ont souvent donné naissance sous anesthésie ou ont vécu une expérience traumatisante qu'elles préfèrent ne pas partager pour ne pas faire peur à leur fille.

Il faut que les femmes qui ont des expériences positives, qui ont été bien accompagnées, qui ont choisi de sentir dans leur corps le passage de leur bébé témoignent de leur vécu pour démystifier l'accouchement-expérience-traumatisante.

Accoucher c'est aller vers l'inconnu, au-delà de toute planification et contrôle; c'est oser prendre le temps d'accueillir un bébé; c'est vivre ce qui se présente en prenant les décisions au fur et à mesure et c'est surtout aimer cette journée là et tout ce qu'elle nous fait vivre...sans attente, sans recherche de performance.

Je lance un appel à tous:  je recueille des témoignages de parents (regards de mères et regards de pères) qui sont prêts à mettre par écrit leur expérience de naissance d'un ou plusieurs enfants. Je suis intéressée par toutes les expériences et pas seulement les accouchements «faciles»; c'est votre vécu de parents qui est important: comment avez-vous vécu une césarienne? Comment avez-vous vécu une naissance prématurée? ...
Ces témoignages pourront éclairer des futurs parents et les aider dans leur préparation en enlevant une couche de stress et de solitude devant l'inconnu.

J'espère que vous serez nombreux et nombreuses à partager votre expérience car cette transmission manque dans notre société. Vous pouvez faire suivre vos témoignages à info@centrepleinelune.com à Isabelle avec vos coordonnées et une autorisation de publication écrite.

MERCI!!!!!